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RENCONTRE AVEC 
 

Alain CARPENTIER 
(Arts Magazine N°163 - 12/2025 - 01/2026)

Dans son atelier clairsemé d’outils et de toiles empilées, Alain Carpentier impose d’emblée le rythme de son trait. Travaillant à Brest, l’artiste a transformé l’improvisation en méthode, un flot graphique ou se mêlent  mémoire des voyages, signes ethniques et une palette qui, bien que souvent monochrome, sait soudain s’embraser. 

« Starter d’imaginaire » 

 

Commencer une toile, c’est déclencher un récit sans l’avoir entièrement écrit. 
J’amorce un trait, puis un autre, et très vite une sorte de cartographie apparaît. Je ne planifie pas les formes; je les découvre. C’est proche de l’écriture automatique : un mouvement répété, presque obsessionnel, qui finit par construire un langage propre. 
Le spectateur peut s’y laisser porter ou s’y retrouver. Mon but n’est pas d’imposer, mais d’ouvrir une fenêtre, ou plusieurs, où chacun rapportera son histoire. 
Je travaille beaucoup au crayon et à l’acrylique ; mon geste est précis et répétitif. Ce trait naît d’un compromis entre discipline et lâcher-prise. 
Ce n’est jamais gratuit, même l’automatisme est travaillé. Je suis très attentif à la cadence, à la manière dont les lignes s’imbriquent pour former des trames où l’œil peut s’égarer ou se reposer. 
Un « trait sécurisant » sur lequel le spectateur peut « partir à l’aventure ». 

  
 

Est-ce que le spectateur, doit se laisser hypnotiser ? 

Je n’impose rien. Mais j’espère que le spectateur accepte de ralentir, de se laisser aller à une lecture non linéaire. Si le trait peut provoquer un état proche de l’hypnose, c’est parce qu’il vise à suspendre le jugement pour laisser sourdre des associations libres. 
Chacun a un rapport différent à l’œuvre : certains s’y perdent, d’autres y trouvent des points d’ancrage. L’important est d’ouvrir cet espace d’écoute. 
 

Salons et galeries - du Grand Palais à New-York, Tokyo, Séoul, Pékin

 

Exposer à l’étranger m’oblige surtout à me confronter à d’autres regards, à d’autres histoires, ce qui enrichit mon propre imaginaire. Les retours aussi, critiques ou enthousiastes me permettent de me repositionner. L’art voyage et trouve des résonances différentes selon les publics. 

Chaque terre laisse des empreintes. 

  • À Séoul ou Tokyo, certaines lectures du signe convergent vers l’écriture calligraphique,     

  • À New-York, on perçoit peut-être davantage l’énergie du geste. 

Tous ces mondes fournissent des motifs, des signes, des rythmes. Plutôt que de reproduire un lieu, j’emporte des impressions, des fragments culturelles que je réarrange comme des hiéroglyphes ou des kanjis. Le trait devient un langage qui parle d’ici et d’ailleurs. 

 

Un parcours d’autodidacte, initié chez un peintre en Bretagne 

J’ai commencé par imiter, comme beaucoup. C’était une école de la main et de l’œil. Mais l’imitation n’est pas de la copie, elle apprend la maîtrise du médium. 
Avec le temps, j’ai éloigné la référence directe pour créer une écriture personnelle. 

Parcours des Galeries aux Grandes Scènes

 

Galeries Bretonnes, Galerie du Marais (Paris), Exposition à la Fondation Taylor (Paris), Salon Comparaisons dans le cadre d’Art Capital au Grand Palais, 

J’intègre le groupe « Exubérantes écritures » représenté par Jean-François Larrieu, « Président du Salon d’Automne à Paris de 1995 à 2004, Président de la Fédération des Salons Historiques du Grand Palais en 2006 et Co Fondateur d’Art Capital, Président de la Fondation Taylor depuis 2009. » 
 

Exposition conjointe avec les  peintres très connus comme Robert Combas, Antonio Segui, Osvaldo Rodriguez, Didier Chamizo, Nansky, Boud'One, Duranel, Marblo, A-Sun Wu..
 

Membre de la Fondation Taylor, lauréat 2023 du Prix Joël Dabin. 

La reconnaissance institutionnelle ouvre des portes : Galeries, salons comme Art Capital, et des collectifs d’artistes. Mais l’essentiel reste la pratique quotidienne. Recevoir un prix, c’est aussi une manière d’affirmer que le travail parle, qu’il touche. Cela amène des responsabilités : partager, transmettre et rester fidèle à son impulsion. 

 

Ma démarche en quelques mots  ou comment vous inviter à entrer dans mon univers. 

Un travail obsessionnel graphique très écrit à la limite de l’abstraction et de la figuration. 
Une démarche très personnelle, loin de toute contrainte, identifiable avec le désir constant d’inventer et de faire cohabiter la matière. 

 

Enfin pour conclure 

À la sortie de l’atelier, on garde l’impression d’avoir assisté à une cartographie en cours d’écriture, chaque toile est une conversation à laquelle l’artiste invite, non pas pour conclure, mais pour prolonger. 

Chez Alain Carpentier, l’art est un acte de narration sans fin et l’on comprend, en observant ses couches et ses signes, combien le récit peut être à la fois intime et partagé. 

 

 

« Je n'ai aucun recul sur la question de comment guider mes choix, je suis moi-même. Il y a en effet un automatisme comme quand je marche ou je cours sans en être conscient. » 

 

Alain Carpentier 

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